Je voulais tellement pas qu’il joue au hockey!

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Je lisais des affaires aujourd’hui ou hier – ça dépend toujours du temps qui se passe entre le temps où je lis et que vous lisez – , désespérément à la recherche de trucs intéressants qui se passent sur la glace. Pas facile au mois d’août de trouver des passionnés comme moi de la chose. Comme bien des gens, je suis Miss Rebelle et ses péripéties, mais aujourd’hui encore une fois, elle m’a conquis en parlant de sa vie de Hockey Mom. Voici donc ce qu’elle a publié…

Et pour celles ou ceux qui voudraient la suivre de chez elle, voici où vous la retrouverez : http://missrebelle.com/ ou tout simplement sur Facebook à: https://www.facebook.com/missrebbell/ 

N’hésitez pas à lui laisser vos commentaires, wllw adore. Je vous laisse donc au bons soins de Miss Rebelle.
Alain Balleux

Je voulais tellement pas qu’il joue au hockey…

Y’avait 5 ans quand ça a commencé…

En fait non, il savait même pas marcher. Son père jouait tous les lundis matin pis moi j’allais voir la game avec le p’tit dans les bras. À la fin du match, son père venait le ramasser après avoir fait un signe au gars de la zamboni, il ramassait son gars, le prenait dans ses bras pis il patinait tranquillement, longeant la baie vitrée. La rondelle attendait dans un coin, papa la ramassait d’une seule main, passait la ligne bleue, passait la ligne rouge, rentrait en zone adverse et dirigeait la rondelle dans le fond du filet. Chaque lundi matin, le p’tit comptait son but.

J’ai gardé son premier hockey, son premier chandail à l’effigie des Canadiens pis une couple de scratchs sur les murs du sous-sol. Je voulais tellement pas qu’il joue au hockey. J’avais à peine 30 ans, je fittais encore dans du médium pis je voulais rien savoir des pratiques le samedi matin. J’ai ben essayé de dire non, mais j’me suis rendue, suite à une prise de soumission.

Au début, le p’tit patinait un peu, il trainait son bâton, cherchait la rondelle pis il regardait son père dans les estrades après chaque mouvement. Dans un tournoi novice à Mont-Laurier, le coach a pigé au sort le nom d’un gardien. Mon gars a pas gagné. Il était tellement déçu que le p’tit gagnant a cédé sa place, parce que lui, il voulait pas vraiment goaler. C’est là que tout a vraiment commencé. Ça semblait plus facile d’arrêter la puck que d’essayer de la contrôler. J’ai dit non encore une fois, il goalera pas et j’ai rencontré ma deuxième prise de soumission. «On va juste essayer, disait mon chum avec une face de coupe Stanley, tu vas voir, babe il va changer d’idée.

Je voulais tellement pas qu’il joue au hockey…

Je le sais pas combien de fois j’ai pas regardé en direction de la glace. La face caché dans mon foulard, la tuque descendue jusqu’au menton, une soudaine envie de pipi ou le besoin d’aller me moucher. N’importe quoi pour pas regarder l’équipe adverse se déployer autour du notre but dans un moment critique. Dans les arénas, ma voix résonnait si fort que les entraineurs avaient même pas besoin de me voir pour savoir que j’étais là. J’ai suivi chaque samedi, avec la plus jeune dans les bras. Elle a grandi elle aussi parmi les gars de hockey, à grand coup de hot dog, de frites pis de grosses gommes dans les distributrices à 25 cennes. N’importe quoi pour me permettre d’assister live à une game. Le seul conseil que je lui donné, c’est de pas fréquenter un gars de hockey. J’ai perdu là aussi, j’ai dû me rendre encore une fois, prise de soumission numéro 3.

Je voulais tellement pas qu’il joue au hockey…

La seule personne qui s’est vraiment laissée déjouer dans tout ca c’est moi. J’en ai gardé des amitiés profondes et des ennemis jurés. J’ai vu s’allonger les bâtons, j’ai vu élargir les poches de hockey pis j’ai grandement contribué au profit rapporté par les aiguisages de patins. J’me revois la première fois où j’ai dû habiller mon gars dans la chambre des joueurs. J’avais un « post it » pour savoir dans quel ordre enfiler chaque pièce d’équipement pis malgré tout, je trouvais le moyen de mettre les jambières à l’envers.

J’ai grandi avec lui au fil des chandail, au fil des pads, au fil du temps. Son échelle de croissance va de prénovice à bantam, après j’ai arrêté de mesurer. J’me souviens jamais de l’âge qu’il avait quand un évènement précis s’est produit, j’me souviens seulement dans quelle catégorie il jouait. J’me souviens pas d’avoir visité certaines villes en vacances, j’me souviens d’y être allé en tournoi. J’me dirige pas en fonction des églises ou des épiceries, j’me repère en fonction des arénas. Mon seul regret dans tout ca c’est de l’avoir jamais vu compter un but.
Je voulais tellement pas qu’il joue au hockey.

13 ans plus tard, c’est la même affaire. Les camps sont en cours, du novice au junior c’est pareil. Les parents comme moi qui décrochent pas, une petite gang à l’entrée de l’aréna, une autre près du bar, des bonhommes qui font déjà des prédictions, pis les mamans comme moi qui se retrouvent avec les potins du jour. C’est pas le p’tit untel ça ? c’est qui le numéro 24, parait que le coach est nouveau cette année, on vas-tu avoir un horaire un moment donné ?

De saisons en saison, c’est le même refrain. Y’a les leaders, les vétérans, le p’tit nouveau qui vient d’emménager, pis ya le banc des joueurs qui change pas. Les p’tits touchent pas à terre, pis un moment donné, ils deviennent trop grand pour le banc. Quand le sifflet sonne pis qu’on entend les hockey frapper contre la bande, c’est signe que le match va commencer. Qu’on joue local ou ailleurs, c’est le même impact, la même fébrilité.

Le mien prend l’avion dans trois jours. Une 13e saison, un camp junior majeur, pis j’me souviens du temps où il faisait face au but dans les bras de son père. Ça change un peu, mais c’est le même banc, la même surface glacée, la même passion qui grandit encore. Ça change un peu, mais moi je suis là encore à regarder l’avion qui décolle en espérant que tout va ben aller.

Dire que je voulais tellement pas qu’il joue au hockey…

C’est la première année où je serai pas là. J’me demande encore si jeudi matin j’embarquerai pas dans le char pour franchir les centaines de kilomètres qui me séparent d’un premier match au tournoi des recrues. J’ai envie de le regarder s’avancer vers le but, de prendre une gorgée d’eau, pis de frapper sur ses deux poteaux avant de prendre position.

Un p’tit week-end à Moncton, Babe, ça te tentes-tu ?

Miss Rebelle

Vous pouvez retrouver tous les textes de Miss Rebelle sur : http://missrebelle.com/ ou tout simplement sur Facebook à: https://www.facebook.com/missrebbell/

 

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Alain Balleux

Alain Balleux

Alain a débuté sa carrière de hockeyeur en chaussant des patins "Simpsons Sears". Son style se définissait surtout comme : sur la bottine, il s’est donc réorienté assez rapidement vers la « gérance d’estrade ». De plus, comme son père a légué tous ses talents sportifs à mon frère, Alain a vite compris qu’il devait troquer ses patins pour un clavier. Il est aussi à l’aise sur son clavier que ne l’était Yvan Cournoyer sur ses patins. Il tentera donc de commenter l’actualité « hockey », de façon aussi humoristique et régulière que possible. Pendant que nous sommes dans les vérités, autant l’avouer : il est un « fan fini » des Canadiens de Montréal.

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